Avant d’être Teety Tezano, elle s’appelle Nanfack Ndengue Tezano Martine. Elle est la fille de Johnny Tezano, chanteur célèbre de soukous et de kwassa kwassa dans les années 70. Jumelle, huitième d’une fratrie de onze enfants, elle grandit dans une maison où la musique fait partie du quotidien.

Pour comprendre la musique de Teety, il faut d’abord connaître celle de son père. Voici la biographie de Johnny Tezano, et ce qu’il a transmis à sa fille.

Johnny Tezano : biographie

De son vrai nom Kenfack Etienne Tezanou, Johnny Tezano est originaire de la Menoua, dans la région de l’Ouest du Cameroun. Il fait ses débuts dans les orchestres scolaires. C’est lors d’un concert à l’école, où il joue à la guitare « Le pénitencier » de Johnny Hallyday, qu’on commence à l’appeler « Johnny ». Le surnom lui reste, et il devient Johnny Tezano.

Il joue ensuite avec le Super Ambiance Orchestra au Lido Bar de Kumba, en zone anglophone. Il part au Nigeria pour se perfectionner et y reste plusieurs années. De retour au Cameroun, il intègre l’orchestre de la police à Yaoundé, dont il devient le guitariste solo.

Competition for Kumba, le premier succès

Son premier grand succès, Competition for Kumba, est composé en 1972. Suivent de nombreux albums, dont Missile 85, Commando en colère, Safari Commando, Carreau Magique, Soukous Boogie, Gina Mata et Secteur Miné, et des titres comme Edwige, Tout terrain, Kwassa System ou Mauvais Camara.

« Le plus zaïrois des Camerounais »

Plus que tout autre artiste camerounais de son époque, Johnny Tezano adopte le soukous et le kwassa kwassa, rythmes venus du Zaïre (l’actuelle RD Congo). La presse le surnomme « le plus zaïrois de tous les Camerounais ». Avec Kotto Bass, il est présenté comme l’un des rares artistes camerounais à rivaliser avec les musiciens congolais. Sa réputation dépasse les frontières : en Afrique de l’Est, lors d’une tournée au Kenya, le public chante ses chansons avec lui.

Après sa carrière dans l’orchestre de la police, qu’il quitte en 1995, il se lance dans les affaires, puis s’en retire en 2013. Ceux qui le connaissent le décrivent comme un homme simple, blagueur et accessible, toujours prêt à partager son expérience avec les jeunes musiciens.

La petite fille effacée de la famille

Dans cette maison pleine de musique, Teety est timide et introvertie. Elle n’est pas destinée à la scène, du moins en apparence. Elle dessine, elle danse, elle chante, mais elle se fait discrète au milieu de ses frères et sœurs. Elle rêve d’abord d’être avocate et obtient un diplôme en droit des affaires.

Ce n’est qu’en 2006 qu’elle se lance vraiment, et remporte avec son groupe le prix de la Meilleure découverte au Festival Couleurs Urbaines. La suite est racontée dans De la faculté de droit à la scène.

Kwassa Kwassa : un clin d’œil à l’héritage

En 2024, Teety sort un single intitulé Kwassa Kwassa, du nom de la danse et du style qui ont fait la réputation de son père. Elle y mêle ce rythme à son propre univers : racines bantoues, afro pop et highlife. Un pont entre deux générations de musique camerounaise.

L’héritage ne s’arrête pas au rythme. Comme son père, Teety voyage avec sa musique : de Lausanne à Rabat, d’Abidjan à Strasbourg (lire Teety Tezano sur les routes). Et comme lui, elle chante pour un public qui dépasse le Cameroun, en anglais, en pidgin et en yemba (lire pourquoi elle chante en trois langues).

Johnny Tezano et Teety Tezano en bref

Le clip : Kwassa Kwassa

Inviter Teety Tezano

Concert, festival, plateau télé, événement privé ou campagne publicitaire : Teety Tezano se produit au Cameroun, en Afrique et en Europe.

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